C’est durant l’année 1948 que Vanber et sa femme Madeleine Thery, peintre également, en suivant les " Petits itinéraires " d’André Lhote découvrent l’Ardèche et la Drôme. Après des séjours d’été à Toulaud entre 1948 et 1955, Vanber décide de quitter Paris et de s’installer dans la région, à Crest, où en 1956 il acquiert une maison " Sous la Tour ".
Né en 1905 à Barfleur (Normandie), les origines familiales de Vanber le destinaient au métier de photographe. Passionné depuis son enfance par la peinture, découverte sur les pas de Guillemet qu’il suit alors que celui-ci peint sur les plages normandes, Vanber renonce à la photographie pour se consacrer à la peinture.
Après une formation classique, voire académique, à l’école des Beaux-Arts de Paris dans l’atelier de Fernand Cormon puis de Pierre Laurens, Vanber découvre dans les années 1930 les œuvres cubistes et rencontre Roger de la Fresnaye, Jacques Villon, Jean Metzinger… Mais ce sont surtout les rencontres avec Albert Gleizes en 1936, Robert et Sonia Delaunay en 1937 et enfin André Lhote en 1938 qui seront à la source de tout son travail de peintre et de sculpteur, du cubisme à l’abstraction. Il participera en particulier plusieurs fois, de 1947 à 1959, au Salon des Indépendants puis surtout au Salon des Réalités Nouvelles qui rend hommage aux grands maîtres du Cubisme et de l’art abstrait et montre les œuvres des jeunes artistes " abstraits ".
Artiste moderne crestois, Vanber et son travail ont un rayonnement qui dépasse largement les frontières de notre région et de la France et dont notre ville peut à juste titre s’enorgueillir.
Ayant souvent recours au trait d’esprit de Maurice Denis pour décrire ses oeuvres, « un tableau avant d’être un cheval de bataille, une femme nue ou une quelconque anecdote, est essentiellement une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblé », Vanber fera en sorte que celles-ci restent toujours profondément liées au réel, des nombreuses études sur le motif qu’il réalise à la gouache, jusqu’aux matériaux récupérés qu’il assemble dans ses sculptures. Une des parts les plus créatrices et les plus originales de son travail demeure ces collages aux intenses couleurs, réalisés dès 1940 à base d’éléments d’affiches lacérées qu’il arrache aux murs du métro ; collages dont les plus anciens ont malheureusement été détruits.
En 1994, Vanber qui refusait de vendre ses peintures décida de donner au musée de Valence, qui lui avait consacré une exposition en 1985, une série d’œuvres (46 peintures, 28 dessins et collages, 4 sculptures) représentatives de son itinéraire.
Peu montré, Vanber n’eut que peu d’expositions personnelles et, presque uniquement dans notre région après 1953. L’œuvre de Vanber, si elle s’inscrit avec celles d’autres épigones dans la suite du cubisme, n’en demeure pas moins, du cubisme à l’abstraction, un itinéraire à part entière, l’œuvre d’une vie consacrée à la peinture.





































